ONE CAMERA, ONE LENS

Leica m

 

Dès mes débuts en photographie, j'ai adopté la visée télémétrique. J'aime le viseur clair et sans effets du Leica. Tout y est toujours net et sa luminosité ne dépend pas de l'objectif monté sur l'appareil. Garder un œil sur l'extérieur et cadrer en ayant un hors champ invite à composer avec plus de géométrie. Les effets de profondeur de champ doivent être mentaux et maîtrisés. C'est une école d'exigence et d'apprentissage quotidien.

Le 50mm est ma focale de prédilection. Moins adaptée que le 28mm pour le reportage, elle présente cependant l'avantage de ne déformer ni l'image ni la réalité. Avec le 50mm on n'obtient ni le spectaculaire du grand angle ni l'écrasement des perspectives du télé. Ça reste pour moi la focale la plus exigeante de toutes mais aussi la plus intéressante.

J'aime voyage léger et le Leica M avec un objectif de 50mm est la configuration que je préfère pour le voyage. 

A deux reprises, je suis parti au bout du monde avec pour seul équipement cette configuration Leica M et 50mm. 
En 1995, j'ai 21 ans, je pars en Chine pour un voyage sac au dos en solitaire de deux mois. Je n'emporte avec moi qu'un Leica mécanique (qui fonctionne sans piles), un 50mm, une cellule à main et 25 films noir et blanc de 36 poses. Au retour je tire une expo de 20 photos. Je cherchais à cette époque à ne pas déclencher à tout va. Ce fût une très bonne école.

A tel point, qu'en 2022, pour mon reportage au sein de la vallée sacrée de Rolwaling au Népal, je décide de réitérer l'expérience. Je n’emporte avec moi que 5 films noir et blanc de 36 poses, une cellule à main, mon Leica et un 50mm pour seul objectif.

J'invite chacun à vivre cette démarche du Less is more au mois une fois !

(Novembre 2022)