"C’est la beauté qui sauvera le monde ?"

 

Through The Eye est le titre que nous avions donné, avec deux amis à l’époque photographes, à notre coopérative de reportage créée en 1998 à Paris.

Through The Eye ou TTE s’opposait à TTL (Through The Lens), un pied de nez à la technique après laquelle nous ne courrions pas, équipés d’anciens appareils, mythiques à nos yeux, des Nikon F2 et des Leica M3. Des appareils mécaniques qui fonctionnaient sans piles et des objectifs non autofocus, bien suffisants selon nous.

Through The Eye disait également notre volonté de témoigner d’un point de vue, le nôtre, loin de toute objectivité (ce qui n’est pas incompatible avec éthique et déontologie journalistiques).

 

Chasseur d'Images (avril 2000)

 

Lien vers le reportage initié au sein de TTE : Emmaüs à travers le monde

 

"Le premier mot que je rayerais des annales du journalisme est le mot objectivité."

- W. Eugene Smith

Après plusieurs années à travailler comme photojournaliste pour des agences de presse pour lesquelles il s’agissait de transmettre des photos explicites, contextualisées et légendées de la manière la plus objective possible, je reprends quelques libertés et depuis Du raisin et des hommes, un travail réalisé pendant près de deux ans auprès de vignerons qui font face aux aléas climatiques, j’ai opté pour une photographie moins frontale, moins descriptive et donc plus suggestive (plus poétique peut-être aussi ?), laissant le lecteur à même de se faire sa propre idée. Pas de légendage des photos, des images en silhouettes qui ne contextualisent ni la région, ni l’époque. Une volonté assumée de se concentrer sur les gestes ancestraux du métier de vigneron et de réaliser des images qui puissent parler au plus grand nombre, à des vignerons ou des amateurs de vin dans d’autres régions, d’autres pays. Des photographies qui invitent à réfléchir sur notre condition d'être humain au sein de la nature et non pas seulement à regarder la condition des personnes photographiées. 

 

“Des images en silhouettes qui ne contextualisent ni la région, ni l’époque.” extrait de Du raisin et des hommes

 

Lien vers le reportage Du raisin et des hommes

 

“C’est la beauté qui sauvera le monde ?”

in L’Idiot, Dostoïevski (1868)

Lorsque j’ai décidé de témoigner de l’aide qui était portée par des voisins auprès de réfugiés afghans, au début je me refusais à les photographier dans la misère de leur camp de fortune à Pantin. Peut-être avais-je fait trop de photos dans des camps de réfugiés ? En tout cas, je tenais à photographier d’autres instants, et j’avais à cœur que mes photographies traduisent non pas les conditions difficiles dans lesquelles ces réfugiés vivaient à Pantin mais qu’elles montrent leur volonté de communiquer, d’apprendre et d’échanger. J’ai photographié à contre-jour, je voulais des photos lumineuses. J’ai photographié au grand-angle, je voulais de la proximité. Je souhaitais des photos qui leur rendent leur part d’humanité.

 

“Je souhaitais des photos qui leur rendent leur part d’humanité.” extrait de I'll be there

 

Lien vers le reportage I'll be there

 

“Les Hommes sont faits d’ombre et de lumière. Pendant des années j’ai photographié la part d’ombre de l’humanité, aujourd’hui j’entends me concentrer sur sa part de lumière. ”

(Paris, 22 septembre 2022)

 

“Une photographie plus poétique peut-être aussi ?” extrait de Du raisin et des hommes